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Je n'écris jamais d'articles personnels mais en ce moment je traverse un passage à vide côté moral... Alors comme j'ai besoin de dire ce que je ressens, je me suis dit que mon blog était aussi fait pour ça. J'ai beaucoup hésité à publier cet article. Si tu ne lis pas, je comprendrai, tu n'as pas venue chercher ça en venant ici mais si tu as envie d'en savoir un peu plus sur ma vie, parce que finalement, je me livre assez peu, tu peux poursuivre la lecture ! ;-)

J'ai 36 ans, 3 enfants merveilleux, un homme aimant, une belle maison, un boulot pas trop prenant et quelques amis alors d'extérieur cette vie semble parfaite ! Pourquoi elle se plaint la nana ????
Parce que lorsque je regarde cette vie d'un peu plus près, elle n'est pas parfaite...

- 36 ans : sûrement l'âge où on commence à regarder ce qui s'est passé derrière et à se poser des questions sur ce qui va se passer devant...

- 3 enfants merveilleux : des jumeaux de 10 ans nés d'une première union où je me suis séparée de leur père lorsqu'ils avaient 18 mois... Et une fille de 5 ans née de ma relation avec Vincent.
J'ai fait mes enfants jeune parce que j'ai longtemps eu peur de ne jamais pouvoir en avoir. Ma mère avait galéré pour m'avoir, je savais que ça allait être pareil. C'est bizarre ce sentiment que j'avais a l'époque. Je me suis précipitée dans la maternité alors que ma vie de couple n'allait pas forcément bien, ayant peur si je me séparais de peut être n'avoir jamais d'enfant. Et puis le papa était mon 1er amour, c'était comme une évidence à l'époque... Et finalement, faire un enfant n'a jamais sauvé un couple surtout lorsqu'ils arrivent par paire ! Des jumeaux, c'est un cataclysme ! Le couple n'a pas survécu. Alors j'envie la vie des familles qui ne sont pas séparées parce que quand tout va bien, une séparation c'est presque facile a gérer. Et puis un jour ça ne va plus. La vie de l'autre parent change, on ne s'entend plus et les enfants souffrent... Alors qu'on s'était juré que ça n'arriverait jamais mais ça c'était avant. Et je n'arrive pas à passer ce cap alors j'envie les familles unies où ça dégouline d'amour, où tout semble parfait... Je suis très mère poule et je n'arrive plus à partager mes garçons avec leur père alors que nos relations sont mauvaises. J'aimerais continuer à être sûre que tout va bien quand ils sont chez leur père, avoir confiance et je n'y arrive pas... Je subis, j'angoisse...

- un homme aimant : Vincent. Un amour qui m'a sauvé, qui m'a accepté moi et mes pièces rapportées alors que lui sortait d'un divorce difficile mais heureusement sans enfant. Alors on a pansé nos blessures tous les 2 et aujourd'hui je sais que c'est l'homme de ma vie. Il partage mes malheurs et on vit nos bonheurs ensemble. Avec lui, tout est presque simple parce qu'il positive toujours mais construire une famille recomposée, c'est un combat de chaque jour. Alors j'envie les gens qui sont tombés sur le bon tout de suite et qui on construit leur famille ensemble. J'aurais aimé que ça nous arrive à tous les 2 et je n'arrive pas à faire le deuil de cette vie rêvée. Parce qu'on aurait sûrement aimé avoir un autre enfant ensemble mais que ça ne se fera pas parce qu'on en a déjà 3 à nous 2, parce que j'aurais aimé qu'on se marie mais je sais que ça n'arrivera pas parce qu'il l'a déjà été. Alors j'envie ces couples qui se sont aimés, mariés et ont fondé une famille comme un long fleuve tranquille.... Quand je vois les parents de Vincent qui sont mariés depuis presque 50 ans, j'envie cet amour et ce modèle qu'ils donnent à leurs enfants. Malheureusement mes parents se sont séparés lorsque j'avais 17 ans et j'ai moi même reproduis le même schéma pour mes enfants...

- une belle maison : c'est un projet de construction qu'on a eu il y a 3 ans maintenant et qui a accouché dans la douleur en novembre dernier. Dans la douleur parce que je suis tombée dans une véritable dépression lorsqu'il a fallut déménager. Je ne me projetais pas dans ce nouveau lieu où nous avions pourtant tout choisi parce que je ne sais pas prendre des décisions et que j ai toujours l'impression de faire mal. Dans ma vie, les déménagements n'ont pas souvent été signes de moments heureux alors j'ai eu beaucoup de mal à quitter la maison dans laquelle nous avions construit notre couple et notre famille avec Vincent. Il y avait tant de souvenirs que j'avais l'impression de laisser sur place pour aller dans l'inconnu. Aujourd'hui je continue à m'approprier les lieux de cette nouvelle maison mais j'ai encore un peu de mal à prendre mes repères, un peu à l'image de ma vie.

- un boulot pas trop prenant : je suis fonctionnaire, je ne sais pas si c'est encore une sécurité aujourd'hui mais je n'ai pas trop de pression. Je suis dans un service qui me plaît, je bosse dans la Sécurité Routière. Le salaire n'est pas mirobolant, mais j'ai de supers collègues et une très bonne ambiance de travail, des horaires souples et assez de congés pour profiter de mes enfants. Je ne suis pas carriériste alors malheureusement je pense que je ne progresserais pas mais tant pis.

- quelques amis : j'ai toujours eu peu d'amis. Je ne suis pas la nana qui s'entoure de beaucoup de copains juste pour faire la fête et où derrière il n'y a finalement rien. J'ai toujours été très exclusive en amitié. Je me suis souvent contentée d'une seule amie avec qui je partageais tout lorsque j'étais au lycée. Et puis la vie nous a séparé, on ne s'est jamais revues. Je me suis fait d'autres amies à l'IUT, que j'ai gardé mais depuis quelques temps, je sens que nos vies nous éloignent. On partage quelques repas avec nos conjoints et enfants mais on se confie peu finalement... J'ai l'impression qu'on survole nos vies... Et aucune n'a vécu une situation de séparation avec enfants alors difficile de se faire comprendre...

Voilà... J'envie le bonheur des autres parce que je n'arrive pas à voir le mien...Je n'arrive pas à faire le deuil d'une vie que j'aurais aimé différente pour moi et mes enfants.
En fait, je ne sais pas positiver, je vois toujours le verre à moitié vide...